COCO-NC

Contribution du GOPS au démarrage de l'OE COCO-NC

> Action GOPS 2011

Mots-clés: COntinuum massif ultrabasique, Mangrove, Complexe récifo-lagonaire, Impacts, Biodiversité littorale

Porteur : Farid Juillot (IRD – Chargé de Recherche)

Budget: GOPS 24 000 euros, Co-financements : Réseau bassin versant 4 000 euros, Société minière KNS 100 000 euros (non spécifiquement dédié au projet)

Zones géographiques concernées : Nouvelle-Calédonie

Partenaires :

  • DAVAR (Geoffroy Wotling – Chef Service Eau)
  • IPGP (Jérôme Gaillardet – Professeur - Responsable du SOERE Réseau des Bassins Versants RBV)
  • IRD (Emmanuel Fritsch – Directeur de Recherche)
  • IRSTEA (Nicolle Mathys - Ingénieure de Recherche)
  • KNS (Nicholas Mathieu - Chef service Hydrologie et Air, Département Environnement)
  • SGNC DIMENC (Julie Jeanpert - Ingénieure),
  • Université de la Nouvelle-Calédonie (Michel Allenbach - Professeur),

Résumé :

Le projet ‘'Contribution du GOPS au démarrage de l'OE COCO-NC (COntinuum Caillou – Océan en Nouvelle-Calédonie)'' financé sur l'AAP GOPS 2011 correspond à une demande de soutien auprès du GOPS pour le démarrage de l'Observatoire Elémentaire COCO-NC (COntinuum Caillou-Océan en Nouvelle-Calédonie) qui ambitionne de décrire, caractériser et quantifier les flux d'eau et de matières entre les différentes unités d'un continuum massif ultrabasique – mangrove – complexe récifo-lagonaire et d'évaluer leurs impacts sur la biodiversité littorale (mangrove et complexe récifo-lagonaire) en Nouvelle-Calédonie.

Il prévoyait l'achat de stations automatisées de prélèvement d'eau et de MES et la construction deseuils de jaugeage (équipés de limnigraphes) afin de développer un réseau de suivi complet des flux d'eau et de matières à l'échelle de deux bassins versants voisins (BV de la Coco potentiellement impacté par l'activité minière et BV de la Pandanus épargné par cette activité) du massif du Koniambo (Province Nord). Il incluait également des frais de missions de terrain et d'analyse des échantillons d'eau collectés.

Bilan financier :

Le montant demandé au GOPS dans le cadre de ce projet était de 24.000 € pour l'acquisition de deux stations de prélèvement automatique d'eau et de MES (modèle ISCO 6712), chacune équipée d'une sonde de turbidité (modèle PONCIR MES5-10) et d'une sonde multi-paramètres (T°, pH, Eh, conductivité - modèle AQUA50) afin de pouvoir programmer le déclenchement des prélèvements d'eau et de MES en fonction de la turbidité des cours d'eau suivis.

Compte tenu des frais de douane (2.511,65 € - 299.720 XPF) et du fret (808,46 € - 96.475 XPF), les 24.000 € obtenus dans le cadre du projet GOPS ont finalement permis l‘acquisition des deux stations de prélèvement automatisées d'eau et de MES et des deux sondes multi-paramètres, mais seulement d'une sonde de turbidité, pour un coût de 20.809,06 €. Le montant total des dépenses engagées en 2011 sur le projet était ainsi de 24.129,17 €. La somme excédentaire (129,17 €) a été  prise sur les crédits propres de l'UR IRD 206 IMPMC. Cette somme a été complétée en 2012 par un soutien de la part du SOERE RBV (Réseau des Bassins Versants) pour un montant de 3.884 € HT destiné à l'acquisition d'une seconde sonde de turbidité afin que les deux stations soient complètes et équipées d'une sonde multi-paramètres et d'une sonde de turbidité.

Ces crédits ont ensuite été complétés par les investissements importants (plus de 100.000 € fin 2012) que la société KNS a réalisé pour compléter l'équipement des bassins versants du massif du Koniambo faisant l'objet de ce projet GOPS (BV de la Coco potentiellement impacté par l'activité minière et BV de la Pandanus épargné par cette activité).

Bilan scientifique :

Les équipements achetés avec les crédits GOPS ont été livrés au Centre IRD de Nouméa en janvier 2012. Ils ont été transportés sur le site de la société KNS en Province Nord en février 2012, mais leur installation sur les sites sélectionnés sur le massif du Koniambo n'a eu lieu qu'en avril 2012 car des contraintes logistiques entre la société KNS et leurs fournisseurs ont retardé la fabrication des cages de protection (indispensables avant d'envisager une installation des équipements sur site afin d'éviter toute dégradation). Les premiers tests sur site en condition réelle réalisés en mai 2012 ont rapidement mis en évidence un problème d'autonomie des stations de prélèvement lorsqu'elles étaient asservies à la sonde de turbidité. Ce problème s'est avéré particulièrement handicapant pour l'utilisation des stations de prélèvement car il réduisait l'autonomie à quelques jours, délai incompatible avec l'utilisation envisagée des équipements. La seule option étant d'équiper les stations de panneaux solaires afin de recharger les batteries en continu, les deux stations de prélèvement automatique d'eau et de MES acquises dans le cadre du projet GOPS ont été démobilisées du massif du Koniambo fin 2012 car (i) la somme nécessaire à l'acquisition de ces équipements complémentaires (au minimum 6.000 €, frais de transport, de douanes et d'installation compris) n'était pas disponible à cette époque et (ii) des tests de consommation d'énergie s'avéraient nécessaires pour orienter le choix des équipements les mieux adaptés aux objectifs.

Suite à leur rapatriement sur le Centre IRD de Nouméa, les deux stations de prélèvement automatique d'eau et de MES acquises dans le cadre du projet GOPS ont été utilisées pour réaliser des tests en laboratoire dans le cadre des stages de 2ème année du DEUST Géosciences de l'Université de la Nouvelle-Calédonie d'Issake Tuikalepa (2013), de Jacques Wadjahdi (2014) et de Jonathan Morandeau (2015). Les objectifs de ces stages étaient de tester la réactivité des sondes de turbidité des sondes de turbidité en fonction de la nature (couleur, granulométrie) des matières en suspension (MES) transportées par les cours d'eau. Les résultats obtenus dans le cadre de ces deux stages ont permis de souligner une influence significative de la granulométrie des MES sur la validité des teneurs mesurées par les sondes équipant les deux stations. Cette influence se manifeste par une augmentation de la teneur en MES lue pour des tailles de particules inférieures à 50 µm. L'écart avec la teneur réelle peut être conséquent puisqu'il atteint 7 fois la valeur réelle pour des particules d'un diamètre de 10 µm. Ces résultats seront mis à profit pour utiliser des protocoles de calibration adaptés pour ces sondes et pour corriger a posteriori les valeurs lues en fonction de la granulométrie des MES lors des futures mesures sur site.

L'autonomisation des deux stations acquises dans le cadre du projet GOPS sera finalement assurée dans le cadre du projet CNRT DYNAMINE (DYNAmique des métaux de la MINE au lagon) dont le démarrage est prévu en septembre 2015 pour s'achever en 2018 et qui constituera les prémices de l'Observatoire COCO-NC. Cependant, cette mise à niveau opérationnelle ayant pris énormément de retard sur le calendrier initial, un doute subsiste sur l'utilité actuelle de ces deux stations sur le massif du Koniambo car la société KNS a redéployé et densifié son parc instrumental de manière significative depuis  2011 (date du projet GOPS). Des discussions sont donc en cours avec la société KNS afin de savoir si les deux stations seront utiles au projet DYNAMINE, et à plus long terme à l'Observatoire COCO-NC, ou si les nombreux équipements récemment déployés par la société minière sur le massif du Koniambo seront suffisants pour alimenter ce projet et cet observatoire en données et échantillons. S'il s'avère que les deux stations acquises dans le cadre du projet GOPS ne sont plus utiles pour le suivi des flux d'eau et de matières le long du continuum massif ultrabasique – mangrove – complexe récifo-lagonaire du massif du Koniambo et à l'évaluation de leurs impacts sur la biodiversité littorale (mangrove et complexe récifo-lagonaire) à l'aval de ce massif, elles seront déployées ponctuellement sur d'autres sites du territoire pour un suivi hydrologique et hydrochimique des cours d'eau dans le cadre de projets en partenariat avec d'autres industriels et/ou organismes.

A titre d'exemple, une première utilisation est envisagée en collaboration avec C. Dupouy (UMR IRD 235 MIO) pour le suivi des apports de la Dumbéa au lagon en Province Sud dans le cadre de la station MOISE qui allie mesures in situ, traitement d'images de couleur de l'eau et modélisation pour une meilleure compréhension de la biogéochimie du lagon de Nouvelle-Calédonie.

Publications :

Isaake Tuikalepa (2013) Test de calibration d'une sonde MES. Rapport de stage de fin de  2ème année du DEUST Géosciences de l'Université de la Nouvelle-Calédonie, 27 pages.

Jacques Wadjahdi (2014) Influence de la granulométrie sur la mesure d'une sonde MES. Rapport de stage de fin de  2ème année du DEUST Géosciences de l'Université de la Nouvelle-Calédonie, 39 pages.

Jonathan Morandeau (2015) Etude en laboratoire de la réponse d'une sonde de mesure in situ de la turbidité : Influence de la salinité, suivi de la dérive à long terme, correction empirique de l'effet de la granulométrie des MES. Rapport de stage de fin de  2ème année du DEUST Géosciences de l'Université de la Nouvelle-Calédonie, 39 pages.