FOTROCO

Fonctionnement trophique des récifs coralliens du Pacifique et intégration potentielle des contaminants au sein des réseaux trophiques

> Action GOPS 2012

Mots-clés : Contaminant, Océan, Récif corallien, Réseau trophique

Porteur de projet: Université de Nouvelle-Calédonie (UNC), Yves Letourneur – yves.letourneur@univ-nc.nc

Financement: GOPS : 17 000 €, Co financements : LABEX Corail : 26 000 €, Laboratoire LIVE : 1 000 €, SENV Wallis & Futuna : 5 000 €, Université La Rochelle : 5 000 €

Zones géographiques : Nouvelle-Calédonie, Wallis, Polynésie française (Moorea)

Objectifs scientifiques :
- Caractériser le cheminement de la matière organique au sein des réseaux trophiques des écosystèmes coralliens en fonction, d'une part, du niveau trophique des organismes et, d'autre part, des caractéristiques environnementales des sites d'étude.
- Reconstituer les voies empruntées par la matière organique depuis la base du réseau trophique jusqu'à des prédateurs de haut rang.
- Déterminer si les éléments métalliques et organiques suivent ces voies trophiques et s'ils s'accumulent dans les organismes composant ce réseau, dont certains sont consommés par les populations humaines locales.

Résultats sur Wallis : L'analyse des résultats suggère qu'il n'y a pas d'impact significatif du niveau d'anthropisation sur la structuration du réseau trophique aboutissant aux Serranidae étudiés, Cephalophis argus et Epinephelus merra. Ce réseau trophique semble basé essentiellement sur deux sources de matière organique, le turf algal et la matière organique sédimentaire. La Matière Organique Particulaire rentre partiellement dans ce réseau trophique alors que deux autres sources potentielles, Padina australis et Syringodium isoetifolium, ne sont pas utilisées par les organismes composant ce réseau trophique. Les bivalves filtreurs concentrent fortement la plupart des contaminants organiques et métalliques. Néanmoins, aucun signe de bioamplification des polluants organiques n'a été mis en évidence et une diminution des concentrations en métaux avec l'augmentation du niveau trophique est par ailleurs observée, peut être en relation avec des processus de détoxification et/ou une perte à chaque niveau en raison d'une efficacité d'assimilation faible chez les organismes concernés entraînant une bioréduction le long de la chaîne trophique. En revanche, la bioamplification du mercure chez les poissons est nette.

 

Poissons et coraux

Banc de poissons et coraux. © Matthieu Juncker

Différences avec les sites de Nouvelle-Calédonie et de Moorea : Des différences existent dans les ratios isotopiques et/ou dans les teneurs en contaminants entre les sites. En revanche, et bien que les espèces composant les réseaux trophiques diffèrent, l'architecture trophique est globalement similaire entre les sites avec cependant des niveaux trophiques qui ne sont pas les mêmes. Une comparaison entre les concentrations en contaminants pour Wallis et celles retrouvées en Nouvelle-Calédonie montre des valeurs identiques chez Stegastes nigricans pour certains métaux (As, Cr, Cu, Fe et Ni) et plus fortes en Calédonie pour d'autres (Co et Zn) sans qu'il ne semble y avoir de lien clair avec le degré d'anthropisation. La même tendance s'observe chez les Serranidae, en bout de chaîne trophique.

Intérêts et bénéfices : Le fait que les réseaux trophiques dans les trois sites étudiés soient similaires et présentent la même architecture en dépit de variations locales et surtout indépendamment du degré d'anthropisation rend possible l'étude comparative du cheminement de la Matière Organique au sein des écosystèmes coralliens. Cela permet de poser l'hypothèse selon laquelle les contaminations des différents compartiments trophiques, et possiblement in fine les populations humaines consommatrices de poissons, dépendent avant tout des apports locaux et peu de phénomènes d'accumulations au sein des chaînes trophiques. La crainte de voir la concentration des polluants être bioamplifiée est donc très peu soutenue, à l'exception notable toutefois du cas du mercure pour lequel la hausse des concentrations en relation avec celle du niveau trophique est établie chez les poissons et confirme ce qui est connu par ailleurs dans les milieux non coralliens.

Contacts et partenaires :
- Université de Nouvelle-Calédonie (UNC), Yves LetourneurYves.Letourneur(at)univ-nc.nc
- CRIOBE, Thierry Lison de Loma
- SENV Wallis, Atoloto Malau
- Université de La Rochelle, Paco Bustamante

Publications:

- Rapport de stage de Master-2 de Manon Mercader sur le cas de l'île de Wallis, 2013.
- Rapport de stage de Master-2 de Pauline Fay sur la vision trans-Pacifique réseaux trophiques et contaminants, 2015.
- Communication au 9e Congrès international sur les poissons de l'Indo-Pacifique (9th IPFC) à Okinawa, Japon, en juin 2013 sur le cas de Wallis.

- En préparation : deux articles sur la comparaison de l'architecture des réseaux trophiques des 3 régions (2 secteurs dans chaque cas) et les concentrations des différents contaminants et leur intégration - ou pas - au sein des réseaux trophiques. La revue ciblée sera définie une fois que les analyses statistiques fines seront achevées.

Letourneur Y., 2013 - Fonctionnement trophique des récifs coralliens du Pacifique et intégration potentielle des contaminants au sein des réseaux trophiques. Rapport final AAP GOPS 2012, 9 p